EssabaghineManifeste

LE MANIFESTE

Comment situer et apprécier , aujourd’hui l’art peint, l’art décomposé? comment vaincre le scepticisme des uns et l’audace des autres face à la diversité des œuvres en représentation, ESSEBAGHINES autour d’un groupe de plasticiens en font leurs champ de bataille , provocation – subversion- révolution, En revendiquant l’autonomie, un refus d’obéir à la commande du goût, en imposant notre vision personnelle , en tentant de s’opposer à la spéculation douteuse et consensuelle d’une partie de la société qui se prétend mécène.
ESSEBAGHINES sont venus, c’est ainsi une manière de prendre distance par rapport à l’art qui plaît mais qui répond aussi au succès avec comme conséquences de nos recherches à montrer une alternative dans la rencontre de l’œuvre contemporaine ; Pour nous ce groupe de plasticiens signifie la communauté idéale , nous ne sommes ni une association ni une alliance , mais nous nous sommes retrouvés sans contraintes et dans le seul but de réaliser cette première exposition ensemble , liées par les mêmes interrogations existentielles et le même constat sur la nature de l’art avec le sentiment profond qu’il est temps de rompre avec le système de la pensée en vigueur et représentation  » exotiques « .
L’évidence même nous impose de constater que notre époque laisse le spectacle de générations diverses , et d’accepter des œuvres signées sans auteurs , nous concevons le terme œuvre autant que celui d’artiste, alors, la nécessité de focaliser l’attention se manifeste naturellement pour mettre en amont la richesse de nos sensations et de tous les produits humains .
Celui qui se fait avec, par et pour le temps , le temps qui passe et qui en passant fait nos angoisses et nos plaisirs.
Exposer nos œuvres comme guide pour le regard actuel , même si choisir ces œuvres comme guide de la pensée pourrait paraître comme une action prétentieuse mais non , c’est d’emblée désirer que notre pensée , notre combat ne soit pas une pensée raide et sèche , coupée de l’émotion .
C’est vouloir une pensée constamment liée aux inquiétudes et jouissances du corps et de l’esprit , constamment en rapport avec nos mouvances et nos troubles, éternellement accueillante au monde. Cette peinture qui parle , bien sûr d’elle même , de sa propre genèse, des gestes du plasticien , simultanément elle est incitation à penser d’un même mouvement , le corps, l’univers, l’acte de peindre et cela , selon des cheminements à la fois simples et subtils, dans la diversité des images à la surface travaillée : des signes , des formes , des marques, de l’écrit , de la matière…

ESSEBAGHINES
Décembre 2000

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