Sombre jour

« Sombre jour
Pourtant le désert lumineux
M’a montré les rayures du temps
Je suis née au petit jour d’hiver
J’ai marché vite sur la colline
Grandi et vu cette sombre journée »

J’avais la conviction, non la certitude d’un désert pur
Celui des marcheurs solitaires
Des caravaniers fous d’amour cherchant un puits pour se désaltérer
Des nomades libres en quête déraisonnable de poésie
J’avais la conviction non la certitude qu’un désert rude et beau
Pouvait extasier et détruire
Emporter les âmes et arrêter le temps
Laisser le vent souffler jusqu’à en perdre la voie
Fasciner les êtres jusqu’à la calcination
Ce jour-là sombre et éblouissant
Les entrailles de la terre ont gémi
La montagne d’In Ekker a montré au ciel une fêlure
Elle porte le nom d’une pierre précieuse
Les Dieux ne sont pas en cause
Les ancêtres, eux, n’ont pas maudit cette terre
Ce jour-là sombre et éblouissant
Les poussières du désert sont restées suspendues pour l’éternité
Gardant en elles des poisons mortels
Les entrailles de la terre ont gémi
Désarroi destruction et agonie
En lambeaux ils étaient
Mais ils se relèveront de parmi les morts
Ils reviendront maintes fois leur dire
Que la terre a assez bu de mensonges et de crimes
J’avais la conviction non la certitude d’un désert.
Habiba Djehnine

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